Le coût du capital correspond à la moyenne pondérée du coût des fonds propres et du coût de la dette. La pondération est donc en fonction de la valeur des fonds propres et de la valeur de la dette. Lorsque la société n’a pas de dette financière, le coût des fonds propres correspond au coût du capital ; la question de la pondération ne se pose alors généralement pas.

La question de la pondération se pose aussi lorsqu’il s’agit de déterminer un Bêta endetté dans le cadre de la détermination du coût des fonds propres.

En principe, la valeur de la dette correspond à sa valeur comptable dès lors qu’il n’y pas eu de variation significative des taux d’intérêts ou des taux de change (pour les dettes libellées en devise). Là où les choses peuvent se compliquer, c’est lorsqu’il faut considérer la valeur des fonds propres. L’erreur “classique” est de considérer le montant comptable des capitaux propres. En effet, il faut considérer la valeur réelle des fonds propres, ce qui constitue une difficulté dès lors qu’il s’agit de la valeur que nous cherchons justement à déterminer (ou référence circulaire) ; c’est un peu le “serpent qui se mord la queue”. Ceci étant, l’évaluateur dispose de plusieurs solutions/alternatives pour résoudre cette problématique :

* L’évaluateur ne considère pas le coût de la dette

Certains évaluateurs considèrent que seul le coût des fonds propres doit être considéré, notamment afin d’intégrer le risque de défaut de l’entreprise lorsque l’entreprise est très endettée. A mon avis, cette solution constitue l’exception et ne vise que des cas particuliers.

* L’évaluateur considère une pondération “cible” déterminée par comparaison avec les autres sociétés du secteur

Cette solution suppose que la société à évaluer présente des caractéristiques similaires avec les autres sociétés (cotées) qui servent de référence. Un cadencement progressif de la pondération sur la durée du plan d’affaires est envisageable dès lors que la pondération de la société à évaluer diffère sensiblement avec celle des sociétés comparables.

Il est à noter que pour les sociétés qui procèdent à un test de dépréciation comptable de leur goodwill selon le référentiel IFRS doivent obligatoirement retenir cette solution (cf.IAS36).

* L’évaluateur considère une valeur vénale des fonds propres à partir d’une autre référence

Si la société à évaluer est cotée, l’évaluateur pourra considérer le cours de bourse (si le cours est liquide). Dans les autres cas, l’évaluateur pourra considérer la valeur qui résulte d’une autre méthode d’évaluation (méthode des multiples par exemple). Les limites de cette approche résultent des différences significatives qui peuvent être observées entre les différentes méthodes d’évaluation d’entreprise.

* L’évaluateur procède à un calcul itératif afin d’approcher autant que possible la valeur des fonds propres obtenue infine de celle utilisée pour les calculs du coût du capital

L’évaluateur doit ici effectuer plusieurs calculs pour approcher les différentes valeurs des fonds propres à un niveau acceptable. Toutefois, cette approche peut s’avérer longue et fastidieuse.

* L’évaluateur utilise Excel et automatise les calculs itératifs

L’évaluateur pourra utiliser la puissance d’Excel pour automatiser les calculs itératifs intégrés dans son modèle d’évaluation. Excel se chargera de répéter les calculs jusqu’à ce que la condition numérique souhaitée soit obtenue. Le lecteur intéressé par ce sujet pourra s’inscrire à ma formation consacrée à la modélisation d’un DCF avec un tableur (cf. page Les formations). Dans ce cadre, il est présenté un modèle Excel qui permet d’intégrer automatiquement les calculs itératifs.